14 septembre 2006
LES RESCAPES DE CEUTA ET MELILLA
TÉMOIGNAGE CHRÉTIEN. Leurs routes se sont heurtées aux grillages de Ceuta et Melilla. Un an après le nettoyage de la frontière, plusieurs milliers d'Africains survivent au Maroc. Récit de vies clandestines.
Les médias les présentent comme les « migrants subsahariens ». Pour le Coran, ce sont « les enfants de la route ». Un journal de Tanger pointait du doigt ces « criquets noirs » envahisseurs. Au HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés), ce sont des statistiques. Des statistiques qui survivent quelque part au Maroc dans la périphérie des grandes villes à Oujda, Tanger, Nador ou Rabat. Dans la clandestinité, sans existence légale. Il y a un an, les images des télévisions montraient au monde entier le drame des migrants à Ceuta et Melilla. On y voyait des centaines d'Africains s’attaquant à l’aide d'échelles aux grillages de plus de six mètres de haut. Face à eux, les balles de la Guardia Civil espagnole. Les magazines avaient ensuite fait leurs unes sur les corps exténués des clandestins déportés par la police marocaine, errant dans le désert à la frontière algérienne. Un an après, silence radio. Les grillages ont été surélevés, renforcés. La forteresse Europe a donné un tour de clé supplémentaire. Le Maroc est devenu un cul-de-sac pour l'émigrant. La route de l'Europe passe désormais plus au sud en pateras, depuis la Mauritanie ou le Sénégal, via les Canaries. Un drame en éclipse un autre.
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03 septembre 2006
AÏCHA ECH-CHANNA, PASIONARIA DES FILLES-MERES
Présidente de l'association Solidarité Féminine, Aïcha Ech-Channa se bat depuis plus de vingt ans pour la reconnaissance des mères célibataires marocaines.
Un combat commencé dans un cri. Aïcha Ech-Channa est une femme qui ne cède pas à la fatalité mais qui croit volontiers au destin. Elle ne doute pas que c'est donc un signe que celui-ci lui a adressé ce jour-là. Elle le raconte de sa voix douce, à mots et à coeur ouvert. « Je venais d'être mère pour la première fois et je reprenais tout juste mon travail. J'étais dans le bureau d'une de mes collègues assistantes sociales. Une jeune femme est là, assise, qui donne le sein à son enfant. L'assistance sociale lui fait signer un acte d'abandon. Et soudain, on lui arrache le bébé, le lait gicle du sein. Et ce cri de l'enfant ! Jamais de toute ma vie, je ne pourrais l'oublier. »
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