23 octobre 2008
COMMENT GOUVERNE... LE GÉNÉRAL DE ST-CYR
CHALLENGES. Sans tambour ni trompette, le Général de Lardemelle forme aujourd’hui les officiers aux crises de demain.
Depuis la terrasse qui jouxte son bureau, le Général détaille la géographie des lieux. En contrebas, le Marchfeld, l’immense cour d’honneur où se déroule chaque été le Triomphe de la nouvelle promotion d’officiers, sous la vigilance de la statue de Kleber. Au loin, le camp militaire, 5 400 hectares au sud-ouest de la forêt de Brocéliande. En arpentant ses chemins, on pourra croiser avec de la chance une harde de cerfs, mais plus probablement un groupe de bazars (première année) en manœuvre, boussole en main, famas au poing.
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05 juin 2008
PORTRAIT : LE PDG DE CHÈQUE DÉJEUNER
CHALLENGES. Elu par ses salariés, Jacques Landriot veut faire rimer coopératif avec compétitif. Sans transiger sur les valeurs humaines du groupe.
A Chèque Déjeuner, ce principe coopératif vaut commandement : un homme = une voix. Un fonctionnement qui donnerait de l’insomnie à nombre de dirigeants. Comment gouverner quand vous pouvez être viré chaque année par vos salariés ou quand votre standardiste a autant voix au chapitre que vous ? Son président Jacques Landriot lui n’en fait visiblement pas de cauchemar la nuit. Dans son bureau au siège de Gennevilliers, l’homme est détendu et bavard, toujours enthousiaste, parfois poliment vachard lorsqu’il commente les déboires de son concurrent Accor. Ses propres actionnaires lui causent moins de soucis : ce sont ses salariés coopérateurs qui viennent de le réélire avec 87 % des voix. Au-delà des chiffres, ce patron discret jouit d’une légitimité incontestable. Il a transformé la PME créée en 1964 par Georges Rino, syndicaliste FO, en numéro trois mondial du titre restaurant. Chèque Déjeuner est devenue la Société Coopérative de Production (SCOP) la plus célèbre de France, un symbole du « entreprendre autrement ».
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05 février 2008
À GUIYU, LA FACE CACHÉE DU HIGH-TECH
OUEST-FRANCE. À Guiyu en Chine, on recycle illégalement nos ordinateurs et nos téléphones portables. La pollution y est désastreuse, les conditions de travail dramatiques. Reportage dans les coulisses de nos e-déchets.
L'air âcre de Guiyu laisse au visiteur la bouche pâteuse. La poussière se soulève au rythme du va-et-vient des camionnettes chargées à craquer de carcasses d'ordinateurs. A chaque coin de rue, des piles immenses d'écrans de PC. Sur un terrain vague, trois bambins jouent à cache-cache entre des sacs à ciment remplis de téléphones portables. Devant chaque maison, des câbles dépecés et des cartes mères entassées. Au-dessus, la lessive du jour attend le soleil qui peine à percer au travers l'épais nuage de pollution. Un peu plus loin, un lot d'imprimantes éventrées laisse s'échapper sa poudre d'encre. A la prochaine averse, des torrents d'eau toxique noirciront les rues de la ville.
12:05 Publié dans Challenges, Ouest-France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine

