10 septembre 2007
LE TÉLÉTRAVAIL À LA CAMPAGNE
LE PARISIEN. Ras le bol du métro et des bouchons ? Envie d'un bol d'air frais ? Grâce au télétravail, il est possible de poursuivre son activité professionnelle à la campagne. Reste à se poser les bonnes questions.
Le bonheur est-il vraiment dans le pré ? Si vous discutez avec des télétravailleurs installés à la campagne, certains sujets de conversation reviendront inévitablement : les bouchons du périph', le métro bondé et les prix exorbitants du m2. Pour fuir ces contraintes urbaines, Amandine, 35 ans, a quitté en 2005 son F2 d'Evry pour une ferme dans le Cantal. Son nouveau job : télésecrétaire indépendante. « Au départ, j'avais quelques appréhensions. Mais je sentais que j'étouffais à petit feu en ville. Quand mon mari a eu une occasion en or, on a tenté l'aventure ». Comme Amandine, qui n'a jamais rêvé, après un retour de vacances, de se mettre définitivement au vert ? Selon une étude BVA-CNASEA, près de 8 millions de citadins souhaitent le faire. Un sur deux avant la retraite ; un sur huit d'ici à cinq ans. Le désir d'être propriétaire, le retour aux sources et l'envie de voir grandir ses enfants au grand air en sont les motivations les plus courantes.
Télétravail : comment faire ?
Si vous souhaitez faire le grand saut, le télétravail est une solution adaptée à de nombreux métiers. Vous êtes chef d'entreprise ou indépendant. Votre activité est-elle viable à distance ? « Ceux qui font le choix du télétravail sont très souvent des cadres parisiens avec de l'expérience. Ils souhaitent prendre un virage dans leur vie professionnelle et viennent s'installer au vert en emportant avec eux leur portefeuille de clients », analyse Xavier de Mazenod, créateur de Zevillage. Si vous êtes salarié, il faudra convaincre votre employeur, souvent réticent à l'idée de ne plus vous avoir sous la main. Un argument : le télétravail peut se pratiquer en alternance, quelques jours dans la semaine. A vous d'être persuasif. De toute façon, votre projet d'installation à la campagne doit être mûrement réfléchi. « En général, cela peut prendre de 2 à 5 ans. Nous organisons des week-ends découverte afin que les gens se rendent bien compte des changements occasionnés par un départ à la campagne », explique Annie Fachetti d'Ariège Expansion.
Où s'installer ?
Où vous voulez ou presque. C'est le gros avantage du travail à distance. Soleil aidant, les départements du sud comme les Landes ou le Var ont la cote. Mais si les prix de l'immobilier n'ont bien sûr rien à voir avec les tarifs franciliens, le coût d'une maison en province a cependant plus que doublé en dix ans. « Beaucoup de télétravailleurs passent par la location avant d'acheter la maison de leur rêves », explique Michel Debord, chef de projet à la CCI du Gers. « Pensez également que si vous devez voyager pour votre activité, la proximité d'une ligne TGV ou d'un aéroport est confortable. » Autre point très important : évitez de vous installer dans une zone blanche où votre portable ne captera pas. Même chose pour l'ADSL. En juin 2006, 3 500 communes ne bénéficiaient pas encore du haut-débit.
Sachez également que la campagne a aussi ses mauvais côtés. Votre voisin ne sera pas forcément moins bruyant que celui de votre ancien pallier. Pour certains, l'isolement peut être pesant. En milieu rural, il sera moins pas facile de trouver du travail pour votre conjoint. En revanche, la vie de village est souvent riche en événements culturels et associatifs. « C'est un peu paradoxal, je sors davantage depuis que je suis dans l'Orne que lorsque j'habitais près de Paris », se souvient, amusé, Xavier de Mazenod.
Comment s'organiser ?
C'est le plus compliqué, de l'avis de la plupart de télétravailleurs des champs. Travailler à distance permet certes d'avoir un emploi du temps plus souple mais il est facile, en étant chez soi, de se laisser déborder ou tenter par une belle journée ensoleillée. D'où l'intérêt de séparer vie de famille et vie professionnelle. Amandine, notre télésecrétaire, a mis les choses au point : « Quand Maman est dans son bureau, aucun des enfants ne doit venir me déranger. Je préfère d'ailleurs les faire manger à la cantine de l'école pour être plus efficace dans ma journée. » En revanche, l'ordinateur éteint, son petit plaisir est de s'allonger dans le hamac et d'appeler ses anciennes copines parisiennes. Forcément jalouses !
Jean Abbiateci
Dossier paru dans Aujourd'hui en France / Le Parisien Economie du 10 septembre 2007. L'article complet est disponible en version pdf ici.
11:40 Publié dans Le Parisien / Aujourd'hui en France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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