29 mai 2007

COMBIEN GAGNE... UN MAIRE

f9f8888d7e738289d6eba8f2a3ed3e79.jpg

Négociateur et gestionnaire : être maire requiert le sens de la concertation ainsi qu'une grande disponibilité. La fourchette de ses indemnités s'échelonne de 600 à plus de   5 000 euros.

 

Langouët. Un petit village breton de 600 habitants à une dizaine de kilomètres de Rennes. Ce matin, Daniel Cueff, le maire, supervise d'un oeil les travaux des bâtiments de la mairie et prépare d'un autre la visite de plusieurs associations écologistes. Au fil des mois, Daniel a fait de sa commune une pionnière dans le développement durable, grâce à la construction d'une école et de plusieurs lotissements écologiques. Elu en 1999, il est également maître de conférences à l'université de Rennes. Les premiers pas à la mairie, confie-t-il, n'ont pas été toujours faciles. Il a fallu se mettre à jour. Si grâce à son métier, Daniel a très bien compris les enjeux éducatifs lors de la construction de l'école, il confesse volontiers quelques lacunes en architecture et en urbanisme.


Selon lui, un bon maire doit être un habile négociateur, lorsqu'il faut convaincre son conseil et ses administrés du bien-fondé d'une décision. Car Daniel Cueff est un adepte du consensus plus que du passage en force. Etre maire demande aussi un travail de représentation auprès des interlocuteurs, qu'ils soient politiques, associatifs ou médiatiques. Les mauvais côtés ? Le sentiment de toujours jongler entre la complexité du cadre administratif et les limites d'un budget pas forcément extensible.

 

Pour son activité d'élu à Langouët, Daniel Cueff touche une indemnité de 984 euros nets par mois. Selon la taille de la commune, le montant des indemnités du maire augmente. De 630 euros bruts pour une commune de moins de 500 habitants à plus de 5000 euros pour une grande ville comme Lyon, Paris ou Marseille. « L’indemnité de fonction ne présente le caractère ni d’un salaire, ni d’un traitement, ni d’une rémunération quelconque. Elle est toutefois soumise à la CSG, à la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale), à une cotisation de retraite obligatoire éventuellement à une cotisation de retraite complémentaire et est imposable dans certaines limites », note l'Association des Maires de France.

 

Pour être maire, mieux vaut avoir du temps disponible. Daniel est à la mairie tous les matins de la semaine dès 6h30 et essaye d'y être présent deux heures par jour. Il explique que son métier lui permet une certaine liberté dans l'organisation de son emploi du temps d'élu et regrette que d'autres professions soient plus difficilement conciliables avec un tel mandat. Cependant, de part son statut, le maire peut faire valoir quelques dispositions particulières vis-à-vis de son employeur. Durant son mandat, il ne peut être licencié, ni déclassé. Le maire dispose également d'un crédit d'heures, entre 100 et 140 par trimestre (sans compter les réunions), qu'il peut utiliser pour l'administration de sa commune. Il n'est cependant pas payé durant cette période. « Etre maire est une fonction stressante et prenante, conclut Daniel. Cet engagement politique doit se faire en famille. Mais on n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer. Si un jour, je sens la routine arriver, je démissionne immédiatement ! »

 

Jean Abbiateci

 

Article paru le supplément économie d'Aujourd'hui en France / Le Parisien du 28 mai 2007.

 

EN CHIFFRES


36 674 maires ont été élus en 2001 en France, ainsi que 514 519 conseillers municipaux

11 % des maires sont des femmes

85 % d'entre eux ont plus de 40 ans

30 % sont retraités, 22 % sont des cadres ou issus de professions intellectuelles supérieures et 18 % sont agriculteurs

1 maire sur 2 souhaite se représenter en 2008

 

Source : Ministère de l'Intérieur

 

Ecrire un commentaire