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16 mars 2007

HAÏTI : LES PLANCHES DU SALUT

medium_thea.5.jpgA Port-au-Prince, plusieurs troupes de théâtre se démènent pour monter leurs pièces. Un refus du fatalisme dans un pays en proie à la violence et la misère.

 

Une image mieux qu'un long discours. Une petite visite au Théâtre National est la meilleure façon d'observer la déliquescence de l'Etat haïtien. Pour accéder à ce lieu improbable, il faut plonger dans l'agitation et la pollution des quartiers pauvres du bas de la capitale Port-au-Prince, se frayer un chemin entre les étals des vendeuses de rue, longer le cimetière qui héberge aussi bien le repos des morts que le plaisir des vivants. Et toujours être attentif afin d'éviter de se faire écraser. C'est ici à Carrefour Léogâne, à la lisière de Cité l'Eternel, l'un des bidonvilles du bord de mer les plus misérables, que se trouve le théâtre. Construit juste avant la fuite de Jean-Claude Duvalier en 1986, ce bâtiment accueille le plus souvent des assemblées pentecôtistes ou des meeting politiques. Une fois l'enceinte franchie, un simple coup d'oeil permet de se rendre compte du caractère surréaliste de cette salle de spectacle. La fumée noire et l'odeur oppressante des ordures qui se consument dans la ravine voisine s'engouffrent sous le chapiteau ; le bruit mécanique des Tap-Tap, ces taxis collectifs colorés et cabossés, est assourdissant. A l'intérieur, les sièges en plastique sont recouverts d'une fine couche de poussière. Sur la scène, un piano noir est le dernier vestige d'une représentation passée. Quant aux coulisses, elles n'ont jamais été achevées.

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HAÏTI : REPORTAGE À CITÉ SOLEIL

medium_Cite_12.jpgA Port-au-Prince, le bidonville de Cité Soleil est depuis 2004 le terrain d'affrontements entre les gangs et les soldats de la Minustah, la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti. Reportage.
 

Les apparences sont trompeuses. Les jours calmes, rien ne distingue Cité Soleil des autres bidonvilles haïtiens. L'avenue Soleil, l'axe central, est même l'une des rares routes de la capitale entièrement bitumée. Sur le marché, les Soléiens sont nombreux : le contenu des étals n'a rien de plus effrayant pour un estomac européen que celui des autres marchés du pays. Mais certains signes sont révélateurs, comme les impacts de balles sur toutes les façades ainsi la rangée de blindes en poste devant les anciennes halles transformées en camp retranché par la Minustah. Cité Soleil est en guerre, classée « zone rouge ».

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15 mars 2007

L'APPRENTI MEUNIER DEVENU MISSIONNAIRE

medium_Sioh2.jpgAndré Siohan est missionnaire à Haïti au sein de la congrégation des Pères de Saint-Jacques. Il est le témoin impuissant de l'extrême pauvreté le pays.

 

Un mardi matin à la Paroisse Saint-Antoine, un quartier populaire non loin du centre de Port-au-Prince. Le père André Siohan discute en créole avec Gaby, le vicaire haïtien. Depuis la terrasse, la vue embrasse les bidonvilles de la capitale. Deux millions d'habitants vivent là dans une immense misère. De l'église voisine où se déroule la messe, on entend monter des voix puissantes. Ici, le père André est chez lui. A son arrivée en 1999 chez les Pères de Saint-Jacques d'Haïti, ce prêtre finistérien a oeuvré durant trois ans dans cette paroisse, s'occupant notamment du foyer Caritas pour les enfants des rues.

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14 mars 2007

HAÏTI : LES RATÉS DE LA SCOLARISATION

medium_cover_ECOLE1.jpgA peine plus d'un enfant sur deux est scolarisé dans le primaire et un sur cinq dans secondaire. Les ressources matérielles et la formation des enseignants font défaut.

 

Font-des-Nègres, début d'après-midi. Une petite commune perdue au pied des mornes (montagnes) du sud du pays. L'école de Victor, une succession de minuscules cabanes en bois, est plantée là sur une butte entourée de champs de canne à sucre et accessible après plusieurs kilomètres de piste cahoteuse. 130 élèves âgés de 6 à 15 ans suivent les cours du matin. Sur les pupitres, les manuels sont rares. Une partie du matériel a été fourni par l'ONG Aide et Action. Pour arriver jusqu'ici, certains élèves doivent marcher près d'une heure. Seul un tiers des enfants de la zone y viennent, estime son directeur. Cette école est publique : les frais de scolarité sont très peu élevés (2 euros) mais restent malgré tout dissuasifs. Rodner, 15 ans, un jeune homme poli et timide, achève sa scolarité ici : « Je suis passionné par les sciences et la mathématiques, mais je ne pourrais ne pourra pas poursuivre à l'école presbytérale, mes parents n'ont pas assez d'argent. » Les professeurs, eux, n'ont pas été payé depuis plusieurs mois.

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08 mars 2007

LA CULTURE CÔTÉ FERME

medium_ferm.2.jpgOriginale et chaleureuse, la formule du spectacle à la ferme rencontre un succès grandissant dans le monde rural. Quand culture rime avec agriculture... Enquête sur cette révolution "agri-culturelle".

 

Javené un samedi soir, entre chien et loup. Ce petit village niché dans les vallons de la campagne du pays de Fougères est situé à une soixantaine de kilomètres de Rennes. Ce soir-là, le badaud de passage devant la ferme du lieu-dit «La Lande » aura pu être intrigué par les rires qui éclataient du fond de la grange. Etrange ! Les esprits chagrins y auront vu encore une énième fête locale arrosée et auront passé leur chemin. Au contraire, les plus téméraires prendront la peine de s'aventurer jusqu'à l'entrée, longeront la buvette et les tables de repas désertées pour arriver jusque sous la grange. Et oh surprise ! Le troupeau n'est plus là, le bâtiment a été soigneusement nettoyé, les chaises installées en rangs serrés. Sur la scène, des comédiens font le spectacle, à grands renforts de lumières. Face à eux, près de 300 personnes qui applaudissent à tout rompre !

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