27 décembre 2006

UN VITICULTEUR FRANCAIS EN ROUMANIE

medium_Vin_Roumanie.jpgA l'heure de l'entrée de la Roumanie dans l'Union Européenne, retour sur le parcours d'un entrepreneur atypique.

 

De la fraise à la vigne ! Drôle d'aventure que celle du comte Guy Tyrel de Poix. Rien ne prédisposait ce dentiste de Val d'Isère à devenir propriétaire d'une société viticole en Roumanie. L'histoire commence en 1986, lorsque Guy décide d'abandonner son cabinet pour s'occuper du domaine que son père possède en Corse. L'affaire tourne bien, mais l'homme a une âme d'aventurier. « En 1992, j'ai eu envie de tenter ma chance à l'étranger. J'ai pensé un moment aux vins du Nouveau Monde, en Argentine ou au Chili, mais d'autres, comme Mondavi, étaient déjà présents depuis longtemps. Je me suis alors penché sur les pays de l'Europe de l'Est : la Yougoslavie était en guerre, le terroir de Bulgarie ne me semblait pas prometteur. J'ai donc choisi la Roumanie. »


 

1993. Guy Tyrel de Poix pose ses valises à Bucarest quatre ans seulement après la fin du rideau de fer et de Ceaucescu. Un pionnier. La Roumanie n'a rien priori de très attirant pour l'investisseur. Guy de Poix découvre les lourdeurs administratives, héritage soviétique, et une viticulture en piteuse état. Les fermes d'Etat tiennent encore debout, mais les coopératives ont été démantelées. « Soit on se dit que c'est très compliqué et on renonce, soit on fonce. Mais j'ai tout de suite compris qu'il y a avait un vrai potentiel viticole. »

 

 

Aujourd'hui, la Roumanie a bien changé. La SERVE, la société viticole de Guy de Poix, produit 1 000 000 de bouteilles, possède 150 hectares de vignes et emploie 60 salariés roumains. La vente de vin se fait à 75 % en Roumanie et 25 % à l'export, principalement au Québec. Guy de Poix partage sa vie entre Bucarest, où il s'est installé, et la Corse. En treize ans de présence dans le pays, il a en observé les mutations économiques avec l'ouverture du marché. « La Roumanie est un pays qui évolue à une vitesse incroyable, peuplé de gens qui ont vraiment envie de changer leur vie ». L'entrée dans l'Union Européenne au 1er janvier 2007 devrait accélérer le mouvement. « Ici, tout est possible, en bien ou en mal. Comme je suis d'une nature optimiste, je suis confiant pour l'avenir. »

 

Jean Abbiateci

 

 

Publié dans le Aujourd'hui en France / le Parisien Economie du 8 janvier 2007.

 

Ecrire un commentaire