10 novembre 2006
L'ÉPARGNE AU BERCEAU
Ouvrir un compte d'épargne à son petit-fils ou sa filleule pour Noël ? Pourquoi pas. Cela peut être un moyen de faire plaisir à un ado qui ne désire rien de plus que de l'argent pour ses étrennes, ou encore une manière d'inciter les enfants à économiser l'an prochain. En tout cas, quelles que soient les motivations des parents ou grands-parents, ceux qui optent pour le livret d'épargne plutôt que la console de jeux ont l'embarras du choix. Les banques proposent une large gamme de produits pour concurrencer le traditionnel livret A et surtout pour capter une clientèle qui, par la suite, a toutes les chances de s'avérer fidèle. En effet, seule une personne sur deux quitte un jour sa première banque... C'est également un moyen pour profiter de la manne de l'argent de poche, une coquette somme estimée à près de 2 milliards d'euros (enquête CSA/LCL 2006).
Fiscalisé ou non fiscalisé
Deux types de produits coexistent (qu'il est bien évidemment possible de combiner) : les produits défiscalisés et les produits fiscalisés. Dans la première catégorie, on trouve le classique livret A (Caisse d'épargne et Banque postale) et le livret Bleu (Crédit Mutuel). Pas spécifiquement tournés vers les enfants, ces livrets leur sont pourtant accessibles, dans la limite d'un par personne. Avec un plafond de 15 300 euros, les taux d'intérêt s'élèvent à 2,75 % net d'impôts. Des valeurs sûres. Concurrence oblige, les autres banques, qui ne profitent pas de ce régime particulier, proposent également depuis 1999 des produits d'épargne dédiés aux moins de 12 ans. Ces livrets étant fiscalisés, les parents devront opter soit pour le prélèvement libératoire, soit pour la déclaration des intérêts avec les autres revenus du foyer. La plupart des taux dintérêt tournent autour de 4 % brut (environ 2,90 % net). L'ouverture et la gestion sont normalement gratuites.
Deux indicateurs à suivre
Comme tout produit d'épargne, les deux critères à prendre en compte, selon l'usage que vous comptez faire de ce livret, est la hauteur du plafond autorisé (au minimum 1 600 euros) et le taux d'intérêt proposé. Pour attirer le client, les banques rivalisent de cadeaux et de services parfois utiles (carte de retrait chez BNP-Paribas, chèques cadeaux), souvent complètement inutiles (peluches). Une fois ouvert, ce livret pourra être alimenté par un dépôt dans une agence ou par un versement mensuel depuis le compte des parents. Les grands-parents pourront également faire un virement pour les étrennes du Nouvel An ou pour toute autre occasion. La formule est souple : l'enfant accompagné de ses parents a un accès libre à toutes ses économies. Seule condition, les opérations de retrait ou de versement doivent être dau moins 15 euros. Pour les parents, cest l'occasion d'apprendre à sa progéniture la gestion de l'argent de poche et de lui constituer une réserve financière pour l'avenir. A noter que, lors de la Conférence de la famille en juillet, le gouvernement a annoncé qu'il réfléchissait à la création dun livret d'épargne crédité de 150 euros et destiné automatiquement aux nouveau-nés. Affaire à suivre...
Jean Abbiateci
Parue dans Aujourd'hui en France / Le Parisien Economie du 11 décembre 2006
Pour lire l'enquête complète
11:05 Publié dans Le Parisien / Aujourd'hui en France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : épargne, enfants, banques


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