18 mars 2006

VILLEVÊQUE, UNE PASSERELLE SUR LE FOSSE DES GENERATIONS

Les expériences d'habitat intergénérationnel sont encore atypiques en France. A Villevêque, le Village des générations tente de tisser des liens au quotidien entre le premier et le troisième âge.


Les couloirs du hall d'accueil résonnent encore du silence de la nuit. Et puis, venu des couloirs, monte le claquement régulier des cannes. M. Labrunie et Mme Pinteau, deux octogénaires, s'approchent tranquillement. Tendons encore un peu l'oreille. Au travers des murs, des petites voix d'enfants s'entremêlent dans un joyeux brouhaha. Sommes-nous dans une maison de retraite ? Pas tout à fait. Une crèche ? Pas exactement. A 15 km d'Angers, le Village des générations est l'une des rares expériences d'habitat intergénérationnel : ici, les soixante résidents des Couleurs du Temps et la douzaine d'enfants du Nid du Loir cohabitent sous le même toit. Ouvert en 2004 par la Mutualité Française Anjou-Mayenne, ce village a vocation à favoriser les rencontres quotidiennes entre anciens et enfants. Dans les couloirs, à la cantine, à pied, en fauteuil roulant, à trottinette. L'architecture du lieu a été conçue dans ce but. « C'est un vrai choix philosophique : vivre ensemble sans cloisonnement ni ségrégation », s'enthousiasme Fanny Gardie-Moyon, directrice de la crèche.

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17 mars 2006

ETIENNE DAVODEAU, CROQUEUR DE CAMPAGNES

Sur les chemins des coteaux du Layon, vous croiserez peut-être un solide gaillard, un carnet à la main. Etienne Davodeau, dessinateur de BD et enfant du pays, s'est installé à Rablay-sur-Layon depuis huit ans. Rencontre avec cet auteur atypique, dont le dernier album, Les Mauvaises Gens, nous plonge dans l'histoire des campagnes angevines de l'après-guerre.

 

Le chat s'enfuit à votre arrivée. La porte de la maison en bois s'ouvre. A l'intérieur, la théière siffle sur le feu. Petit coup d'oeil dans le jardin, en contrebas, où sont plantés quelques pieds de vigne. A gauche, l'atelier est bien rangé. Au mur, plusieurs affiches et des rayonnages de livres. Sur la table, un cahier de croquis. La veille, le propriétaire des lieux était encore à Paris pour une remise de prix.

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07 mars 2006

« DECHETS DE METAL ET MAINS DE FER »

Christian Champin est un alchimiste de la ferraille. A grands coups de meuleuse et de fer à souder, il sculpte les déchets de métal pour donner vie à d'étonnantes créatures. Rencontre à Paimboeuf (44) avec ce philosophe du recyclage.

 

C'est dans le jardin de sa mère que trône l'une des sculptures les plus spectaculaires de Christian Champin. Un coq de plus de 4 mètres de haut et de 400 kg. Une queue en pare-chocs de voiture, un corps bâti avec des portes de 4L. Quant à la crête, ce sont tout simplement des lames de girobroyeur ! Voici maintenant quatre années que cet artiste de 38 ans s'est lancé dans la sculpture du métal. Christian avait, il est vrai, quelques prédispositions. « Mon grand-père était charron, mon père carrossier. Chez nous, ça sentait toujours la soudure et la ferraille. La culture du métal, c'est génétique », confie-t-il. Longtemps, il a arpenté le monde comme ingénieur en mécanique. Et puis, l'envie de créer s'est faite plus forte. Avec toujours le souci du recyclage. « Au point de départ de ma démarche, il y a le respect de l'environnement et la dénonciation de la surconsommation. Moi, je ne jette rien, je récupère. Les gens sont forcément interpellés par une telle démarche. »

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