07 mars 2006
« DECHETS DE METAL ET MAINS DE FER »

Christian Champin est un alchimiste de la ferraille. A grands coups de meuleuse et de fer à souder, il sculpte les déchets de métal pour donner vie à d'étonnantes créatures. Rencontre à Paimboeuf (44) avec ce philosophe du recyclage.
C'est dans le jardin de sa mère que trône l'une des sculptures les plus spectaculaires de Christian Champin. Un coq de plus de 4 mètres de haut et de 400 kg. Une queue en pare-chocs de voiture, un corps bâti avec des portes de 4L. Quant à la crête, ce sont tout simplement des lames de girobroyeur ! Voici maintenant quatre années que cet artiste de 38 ans s'est lancé dans la sculpture du métal. Christian avait, il est vrai, quelques prédispositions. « Mon grand-père était charron, mon père carrossier. Chez nous, ça sentait toujours la soudure et la ferraille. La culture du métal, c'est génétique », confie-t-il. Longtemps, il a arpenté le monde comme ingénieur en mécanique. Et puis, l'envie de créer s'est faite plus forte. Avec toujours le souci du recyclage. « Au point de départ de ma démarche, il y a le respect de l'environnement et la dénonciation de la surconsommation. Moi, je ne jette rien, je récupère. Les gens sont forcément interpellés par une telle démarche. »
Pour trouver la « chair » de ces sculptures, il s'en va une fois par fois par mois à Flers, dans l'Orne, chez la société de recyclage Lefeuvrier. D'ailleurs, le patron le connaît bien et possède plusieurs de ses créations. Là-bas, Christian arpente les tas de ferrailles à la recherche de la pièce idéale. « Pour moi, le rêve commence ici. Issus de l'agriculture, de l'automobile ou de l'industrie, cassés, rouillés, tordus, les déchets ont un passé, un message. » De retour dans son atelier, il tord, taille, coude, coupe, soude l'acier, le fer ou l'aluminium, sans aucun dessin. Selon son humeur, il donnera naissance à un échassier à bec de faucille ou à un guerrier aux yeux ronds comme des roulements à bille, avec des pioches pour chaussures.
De salon en salon, les sculptures de Christian Champin ont très vite trouvé preneurs. Ses clients : des amateurs et parfois des entreprises qui font appel à lui pour orner une boutique. Comme ce projet d'extraterrestres pour une devanture de cinéma. Aujourd'hui, Christian souhaite s'orienter vers des sculptures plus imposantes pour toucher un public toujours plus nombreux. Mais toujours fidèle au métal. Certains appelleraient ça une volonté... de fer !
(publié dans Recyclage-Récupération, février 2006. Crédit photo : DR)
09:20 Publié dans Recyclage-Récupération | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : champin, métal, sculpteur, paimboeuf


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